Le premier train de déchets est arrivé jeudi soir à Fos, sur le site de l’incinérateur de la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole. Bernard Granié, le président de Ouest Provence ainsi que René Raimondi, premier vice-président de l’intercommunalité et maire de Fos-sur-Mer ont fait part de leur profonde indignation. Le combat n’est pas terminé, le sort de l’incinérateur est suspendu aux décisions du tribunal administratif.
« J’éprouve un sentiment de dégoût, la communauté urbaine de Marseille (CUM), ne joue pas le jeu. Elle avait promis la transparence, elle agit en silence. Un silence d’autant plus difficile à admettre que nous lui avions demandé, mi-octobre, d’être tenus informés de ce qui se passe sur le site de l’incinérateur. Nous avons appris dans l'édition de vendredi de La Provence que la mise en route de cette installation interviendrait en janvier 2010, alors que l’on nous avait annoncé cela pour le mois d’avril. C’est scandaleux », explique Daniel Moutet, le président de l’Association de défense et de protection du littoral et du golfe de Fos-sur-Mer.
L’arrivée du premier train de déchets jeudi soir, à Fos et les déclarations d’Eugène Caselli, le président de la CUM dans le quotidien La Provence ont soulevé un vent d’indignation chez les élus de Ouest Provence.
Pour Bernard Granié, le président de l’intercommunalité, « la méthode du secret et du silence utilisée pour contourner l’obstacle et éviter une explication désagréable est en tous les cas détestable et relève du mépris. Le message qui m’est adressé me signifie, je le crains, l’impossibilité de poursuivre une discussion franche, que j’ai toujours privilégiée pour sortir de ce dossier par le haut. En m’informant par presse interposée, le président de la communauté urbaine de Marseille se positionne manifestement dans le rang très organisé de nos adversaires ». (lire l’intégralité de la déclaration de Bernard Granié).
René Raimondi, maire de Fos-sur-Mer et premier président de Ouest Provence, s’interroge sur la probité d’Eugène Caselli, : « Comment peut-il dire qu'il prône la transparence alors qu'un train chargé d'ordures ménagères est arrivé de nuit sans que le maire de Fos sur mer ne soit informé ? Comment peut-il affirmer qu'il est homme de dialogue alors qu'il déclare n'avoir discuté qu'avec les seuls élus de la communauté urbaine des modalités de mise en service de l'incinérateur ? ».
René Raimondi invite également le président de la CUM à démissionner de son poste de secrétaire de la Fédération du PS des Bouches du Rhône (lire l’intégralité des déclarations de René Raimondi) et appelle les habitants du territoire à se mobiliser dans les prochaines semaines.
L’heure est certes à la colère et à l’indignation, mais « le tribunal administratif doit se prononcer sur l' arrêté d’exploitation de l'incinérateur », souligne Daniel Moutet.
Pour Bernard Granié, « c’est à la justice qu’il appartient de trancher. Je crois sincèrement qu’un de nos contentieux aboutira et ouvrira alors une brèche dans le système, capable de le faire exploser ».
La modification du règlement d’urbanisme de la zone industrialo-portuaire de Fos adopté en janvier 2006 par Ouest Provence, fait l’objet d’une audience du tribunal administratif de Marseille ce 18 décembre. La même juridiction devrait se prononcer prochainement sur la validité du permis de construire de l’incinérateur et sur celle de l’arrêté d’autorisation d’exploiter, au printemps prochain.
Pour Bernard Ganié, « la CUM pourrait être contrainte de changer de position et envisager de prendre en considération les alternatives proposées vainement par Ouest Provence ».